Alimentation saine

Bio … l’êtes-vous ?

On sait désormais qu’il y a plusieurs avantages à acheter et /ou à manger bio. Toutefois, nombreux sont ceux qui disent que les aliments bio coûtent plus chers, effectivement, une étude réalisée aux États-Unis, démontrent qu'en moyenne 47% des aliments biologiques coûtaient plus cher que les aliments traditionnels. Mais outre l’aspect monétaire, que doit-on considérer avant de faire le choix d’acheter bio?

QU’EST-CE QU’UN ALIMENT BIOLOGIQUE ?

Un aliment biologique est un aliment issu d’un mode de production exempt de certaines substances chimiques ou artificielles, autant au niveau de l’agriculture qu’au niveau de l’élevage et de la transformation d’aliments. Au Canada et au Québec, les produits biologiques sont réglementés, de sorte que l’appellation «biologique» certifie le respect des normes établies.

LE TEMPS, C’EST DE L’ARGENT !

On ne se le cachera pas, l’agriculture traditionnelle a des conséquences désastreuses sur l’environnement : perte de la biodiversité, problème des algues bleues, contamination de l’eau, du sol et de l’air, etc. Pensons aux effets des néonicotinoïdes, sur les pollinisateurs ces pesticides « tueurs d’abeilles ». Le 19 février dernier le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) dévoilait sa nouvelle règlementation sur les pesticides. Sans les interdire, le Québec confirme ainsi de nouvelles restrictions sur l’utilisation des trois néonicotinoïdes les plus courants, ainsi que l’atrazine et le chlorpyrifos. Avec le registre que les agriculteurs devront tenir de leurs utilisations, c’est un pas vers une meilleure transparence. 

Du côté de l’agriculture biologique, fini les engrais et pesticides chimiques, les OGM, les hormones de croissance et les antibiotiques! On dit aussi adieu à la surpopulation animale dans des bâtiments fermés. Pas de doutes, l’agriculture biologique porte dans son cœur le respect de notre planète.

Il ne faut donc pas s’étonner que l’alimentation biologique coûte plus cher. Au lieu d’utiliser des herbicides, on enlève les mauvaises herbes mécaniquement. Pas d’hormone de croissance, donc des périodes d’élevage plus longues. Et quand on brasse des affaires, le temps, c’est de l’argent!

PLUS NUTRITIFS ?

De nombreuses études confirment que les régimes biologiques peuvent réduire considérablement l’exposition aux pesticides. Ces études ont analysé les concentrations de métabolites dérivés des pesticides chez un échantillonnage de 18 enfants ayant une alimentation biologique, comparativement à 21 autres enfants, ayant une alimentation de culture conventionnelle. Les taux de métabolites des pesticides organophosphorés prélevés dans l’urine étaient six à neuf fois plus élevés chez les enfants qui consomment des aliments cultivés par des méthodes classiques que chez ceux qui mangent des aliments biologiques.

Les allégations portant sur les avantages nutritionnels des aliments biologiques ont suscité bien des controverses. Cependant, les études ont été en mesure de les appuyer. Selon le Journal of Alternative and Complementary Medicine, les résultats d’une étude révélaient qu’en moyenne, les cultures biologiques contiennent 86 % plus de chrome, 29 % plus de magnésium, 27 % plus de vitamine C, 21 % plus de fer, 26 % plus de calcium, 42 % plus de manganèse, 498 % plus d’iode et 372 % plus de sélénium. De très faibles taux de nitrates ont été décelés dans les aliments biologiques. L’utilisation d’engrais azotés entraîne une présence élevée de nitrates dans les aliments et l’eau potable, ce qui peut se transformer en nitrosamines potentiellement carcérigène. De plus, une étude à même démontré des taux de métaux lourds plus bas dans l’agriculture biologique. On parle de cadmium, un métal lourd présent dans nos sols pouvant causer des dysfonctions de nos mitochondries entre autres.

Mais il y a des avantages  à choisir des produits biologiques. Certains le font pour des raisons environnementales et éthiques, pour limiter leur consommation de pesticides ou même simplement pour le goût.

MANGER BIO, POURQUOI ?

Ceux qui me connaissent ou qui sont venus me consulter, savent que je suis une pro-bio ! Le plus souvent possible, j’achète bio, je vous avoue, les aliments que je consomme ne sont pas tous 100% biologiques. Toutefois, j'achète toujours bio les douze fruits et légumes les plus contaminés, en anglais on les appellent the Dirty Dozen. Il s’agit d’une liste publiée annuellement par le EWG The Environmental Working Group. En même temps que la Dirty Dozen le groupe nous informe aussi des 15 fruits et légumes contenant le moins de pesticides, The Clean Fifteen. Téléchargez la vôtre !

Pourquoi je choisis le bio? Pour des raisons de santé en tout premier lieux, parce que je souhaite aussi réduire mon empreinte écologique et je préfère encourager l’économie locale. Je suis concernée par les effets à long termes d'accumulation de ces micro-doses de pesticides dans notre corps et des effets néfastes sur notre santé.  Je préfère prévenir que guérir ! 

Certains experts mentionnent que la hausse des conditions auto-immune est directement liée à l’utilisation des pesticides qui augmentent de plus en plus. Même chose pour le TDA, TDAH, TSA, allergies, etc. qui sont en forte hausse chez les enfants. Il y a des liens établis entre les pesticides et 29 maladies, dont le diabète, les maladies de la thyroïde, plusieurs cancers, etc.

PAS CONVAINCU ? VOICI DES PETITS GESTES POUR LIMITER NOTRE EXPOSITION

On peut mettre en place quelques actions peu coûteuses pour limiter notre exposition aux pesticides:

  • On lave nos fruits et légumes sous l’eau en frottant la peau avant de les consommer. Un autre moyen est de les faire tremper dans une solution de 2 c. à thé de bicarbonate de soude dans 2 tasses d'eau pendant environ 2 minutes ou plus. (plus longtemps ils trempent, plus de résidus on retire). Après le trempage, on les rince avant de les consommer.
  • On cuisine à la maison, on évite le plus possible les aliments transformés du commerce.
  • On choisit des aliments locaux et de saison. On évitera ainsi les longues distances parcourues par nos aliments pour se rendre à notre table et qui ont peut-être exposés à d’autres produits chimiques pendant leur transport. De plus, en mangeant local et de saison, nous avons accès à une plus grande diversité de fruits et légumes. Manger aux couleurs de l’arc-en-ciel nous procure également un apport varié en vitamines et minéraux !

Et si l’envie vous prend d’essayer les produits biologiques locaux, bien sûr les marchés maraîchers locaux demeurent une belle option, mais il y a aussi l’abonnement aux paniers de fruits et légumes du réseau des fermiers de famille qui nous propose des produits sains, frais et certifiés biologiques ou en voie de l'être. La plus parts des paniers sont livrés dans un point de chute à toutes les semaines durant l’été et aux deux semaines à l’automne. Certains fermiers vous offre même la possibilité d'ajouter de la viande bio à vos paniers. Vérifier les points de chute près de chez vous.

Mon choix est fait et vous ?

Bonne réflexion ! 

Nathalie 

ref: https://www.mapaq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/Regions/CentreduQuebec/INPACQ2014/Conferences_INPACQEau_et_agriculture/lespesticidesagricolesimpactsurlasantéhumaineetlenvironnement.pdf
 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24436145
https://www.ulaval.ca/mon-equilibre-ul/questions-sante/les-aliments-biologiques-sont-plus-nutritifs-que-ceux-qui-ne-le-sont-pas.html
https://fr.davidsuzuki.org/Communiques-presse/nouvelle-reglementation-pesticides-sattaquer-aux-pesticides-plus-dangereux-bonne-approche/
https://equiterre.org/fiche/fermiers-de-famille
Danik Legault, ND.A.
https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/publications/vie-saine/recommandations-pour-qualite-eau-potable-canada-document-technique-atrazine.html
http://ucanr.edu/datastoreFiles/608-794.pdf
https://www.cambridge.org/core/journals/british-journal-of-nutrition/article/higher-antioxidant-and-lower-cadmium-concentrations-and-lower-incidence-of-pesticide-residues-in-organically-grown-crops-a-systematic-literature-review-and-metaanalyses/33F09637EAE6C4ED119E0C4BFFE2D5B1

http://www.temple.edu/law/tjstel/2005/fall/v24no2-Deb.pdf

http://pediatrics.aappublications.org/content/130/6/e1757
https://www.researchgate.net/publication/261189254_Glyphosate_pathways_to_modern_diseases_II_Celiac_sprue_and_gluten_intolerance
http://www.tonu.org/tonu/MyFiles/MF021-Glyphosate-III.pdf
http://www.tonu.org/tonu/MyFiles/MF021-Glyphosate-IV.pdf
http://www.tonu.org/tonu/MyFiles/MF021-Glyphosate-V.pdf
Article mise à jour: le 4  juin 2018

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